du 10/09/2016 au 29/10/2016

Accrochage de l’expositionOeuvres exposées du 10/09/2016 au 29/10/2016                                     Recevez nos invitations en cliquant ici

Le dialogue que Dominique Coffignier poursuit avec la peinture est riche de ses expérimentations picturales et humaines.
Elle plonge ses racines dans l’histoire originelle de l’homme et porte les traces éruptives nées de son geste intuitif et inspiré.

On aura compris que les catégories esthétiques ne concernent pas son face-à-face avec la toile qui attend d’être fécondée par la matière, les couleurs, le dessin, pour opérer en elle une transsubstantiation d’ordre plus spirituel que plastique.
Sa peinture nous captive. Elle tisse des langages aux origines plurielles, superpose les strates mémorielles d’un monde ancestral dont il ranime les pouvoirs initiatiques.
L’éruption formelle à laquelle nous assistons est celle de la terre violée, celle des tentions cosmiques, des métamorphoses subies par les continents offerts aux dérives de l’homme.

Le visible n’est pas celui que l’on croit. L’artiste travaille en alchimiste.
Dominique Coffignier a cette gourmandise de la matière. De son émerveillement à retrouver sous ses mains les matériaux malléables, les pigments suant d’une sensualité âpre et extatique, naissent des territoires dont il a percé certains des secrets.

L’Afrique où il se rend régulièrement lui a confié ses richesses, afin qu’il en extrait l’essentiel de son don. Celle de la beauté foudroyante d’un héritage sacral où l’oralité se confond avec les récits, l’esprit avec le geste conjurateur.

Dominique Coffignier apprivoise les signes.
La toile se couvre d’un magma flamboyant mû en une peau offerte aux morsures des outils, aux béances sacrificielles tracées d’un pinceau scarificateur. Le plaisir sensuel du geste qui explore, lève le corps dévoilé de l’autre, recouvre une trajectoire qui énumère les symboles, des plus archaïques au plus élaborés. La main est la même que celle du premier homme qui osa sur la paroi d’une caverne affirmer sa présence au monde en prenant les dieux à témoin.

Colporteur, collecteur, orpailleur, arpenteur, Dominique Coffignier est celui qui ose. Derrière la fureur, l’effroi, le tragique et le doute, l’or brille de tous ses feux, les couleurs claquent au vent, les parfums montent de la terre qui craquelle, s’éveille à la vie. Sur la toile, au plus près de la chair de la peinture, chaque geste se mesure à l’inconnu. Pas tout à fait. Les mélopées, les symboles éternels n’ont cessé d’accompagner l’homme qui se tient droit devant la mort, reconduisent le geste qui traverse le miroir du temps.
Au carrefour de ces chemins se dresse le totem, initiatique et illuminé.
Dominique Coffignier nous rend visible notre histoire. Chaque naissance est un triomphe sur le chaos. La peinture de Dominique Coffignier en assure le passage transcendantal.

Lydia Harambourg