du 11/10/2007 au 24/11/2007

 

Les travaux de la galerie prennent fin. Quelques jours encore pour régler les derniers détails et nous serons opérationnels.
Beaucoup, nous ont trouvé courageux, voire téméraire, de nous lancer dans cette grande et belle aventure au service des artistes que nous aimons et d’un public toujours grandissant, qui vient ou revient vers les expressions artistiques plus profondes, plus fortes et plus intenses tant sur le plan du signifiant que du signifié.
Notre première exposition, « l’Exposition Inaugurale » se devait d’être prestigieuse. Nous l’avions annoncé et nous le confirmons, le 11 octobre à 18:00, Vladimir VELICKOVIC nous fera l’honneur et l’amitié de venir présenter des œuvres récentes où à force d’exigence, il dépouille sa peinture de tout détail superflu pour concentrer sa force d’expression sur les valeurs humaines essentielles. Son monde n’est pas un simple lieu familier où vivre, il est devenu le cauchemar qui écrase et fait suffoquer l’âme et le corps. Son imaginaire dépeint quelque chose d’obsessionnel et puissant, à lier avec des préoccupations intensément personnelles. Ici, l’art devient délivrance, même dans la souffrance…
Nous vous convions à venir nombreux à cet événement exceptionnel qui durera jusqu’au 24 novembre.

Dossier de presseAccrochage de l’exposition Oeuvres exposées du 11/10/2007 au 24/11/2007

 

Extraits de textes

« Pour qui aura senti, puis entendu la peinture de Vladimir Velickovic, l’image dira autre chose, autrement. Et l’on regardera désormais différemment ses icônes métaphysiques. Le silence de la peinture – de sa peinture – ne doit pas empêcher qu’on demande au corps tout entier qu’il participe à la fête proposée par l’artiste. Même si cette fête se donne au bord des précipices. Les hommes creusent leurs charniers ; le peintre se contente de les éclairer de sa lumière noire… »

Michel ONFRAY in Karton, Vladimir Velickovic, Thalia, 2006.


… Les éléments de base d’une peinture se trouvent profondément accrochés quelque part dans
l’homme lui-même.
Le tempérament, le caractère, l’optique, la vision portée sur l’environnement, sur les évènements, le bagage hérité de l’enfance, l’histoire toute bête (et méchante) qu’elle peut être et qui a fait, malgré nous, partie de notre quotidien. Cette histoire que nous faisons et qui nous bâtit.
La violence en réalité, la réalité violente, était toujours pour moi une sorte de double imposé. Ce n’est pas moi qui ai choisi cela, du moins je le crois. La violence était là, présente, pesante, effrayante, en tenue de combat, en état de guerre et en état d’après-guerre. Forte en rafales de mitraillettes et aussi forte en rafales de mots d’ordre.
J’appartiens à une génération qui a joué avec la violence (et sous la violence), qui a grandi sans que ça change pour autant, et qui vit aujourd’hui toujours en regard de cette monstruosité. On se réveille avec, on se couche avec. Est-ce qu’on peut la rejeter, ne pas la voir, y rester insensible ? Elle s’introduit sous la peau, elle est là, résistante, toujours renouvelée, pas très imaginative, à vrai dire, chiante.
Quoi faire ? S’occuper d’elle, vivre avec, en tout cas on ne peut pas lui échapper. Se battre avec ?
Inutile de négocier. La peindre. Encore plus cruelle, plus ensanglantée, impitoyable. La faire voir. Mettre en images cet homme décapité, anonyme, fuyant, poursuivi par différentes agressions, parfois agresseur lui-même. Toute cette peinture est un échange perpétuel d’agressions. On agresse une toile, elle renvoie l’agression en forme d’image. Entre les deux, vous essayez de vous débattre et, comme dit Alain Jouffroy, « derrière toute image, il y a une guerre réelle ». Je suis entièrement dedans, dans cette guerre qui continue d’image en image. Elle me concerne, elle fait partie de mon quotidien. Je n’essaie pas de fuir. J’admets que la peinture peut être différente, et même à l’opposé, mais pour moi, je ne l’ai jamais considérée comme un « fauteuil confortable » selon l’expression de Matisse.

Peut-être une question d’engagement ?

Vladimir VELICKOVIC


« Chaos de l’origine.
Origine du chaos.
Il n’y a ni commencement ni fin.
Et l’Apocalypse n’a rien d’une prophétie.
Elle n’est pas derrière nous.
Pas devant nous.
Mais au cœur du temps.
Comme l’énergie de la physique des mondes.
Comme la violence brute qui alimente et détruit.
Qui disperse et recompose.
Qui ravage et fertilise.
Les Dieux et les Hommes sont démiurges à tour de rôle.
Pour la même malédiction.
Le même saccage des harmonies.
La même commotion.
Le verbe là-dedans prend des allures de possédé qui vaticine au seul usage des sourds.
La vue se voue aux aveugles.
Le chant ravive la blessure des âmes perdues.
Des âmes mortes.
L’histoire est un non-sens qui n’engage que des coupables.
Tuerie est l’autre nom de la nature.
Tout advient en catastrophe.
Il va sans dire que c’est par delà le bien et le mal.
L’espoir et le désespoir.
Dans une zone d’outre-conscience.
Où personne ne passe plus.
Où personne ne vit plus.
Et qui ne reste guère qu’à l’horizon des chacals et des chiens.
L’incendie sans répit n’est pas l’oeuvre d’un fou.
Il sort du tourment des âges comme des fureurs du sang.
Il est l’ennemi du brasier purificateur.
Des flammes transparentes.
Des cendres légères.
Il est le feu sale qui survit aux sales guerres.
Entre palans et potences.
Filins et sources calcinées.
Sur des sables saturés de goudron.
Sous un ciel de suie opaque et lourde.
Velickovic peint des paysages voraces et vides où se consument mythes et légendes.
Mémoires et sentiments. Jugements et anathèmes. Ignominies et gloires.
La torche rouge qui mange l’espace préfigure la lumière sans lumière.
Meurtre qui éclaire plus loin que la mort.
Meurtre qui anticipe et se perpétue comme s’il était l’essence de toute chose créée.
Le peintre n’a pas attendu les images d’actualité.
Les carnages modernes. Les puits de pétroles bombardés.
Il a suivi le sourd ressac de la haine qui déferle à chaque frontière.
Contre les barbelés. Sous les miradors.
Près des églises. Des temples. Des mosquées. Des stades. Des camps.
Il a choisi l’affrontement sans illusion.
Sans échappée.
Azur fermé. Etendue murée.
Perspectives closes.
L’enfer serré à bras le corps ».

André VELTER


Splendeur de la catastrophe

Depuis plus de quarante ans, Vladimir Velickovic peint des catastrophes – pire, ou mieux, il peint la splendeur de la catastrophe. Qu’il s’agisse de naître ou de mourir (deux fautes majeures !), de se divertir (sous peine de ne pas supporter le réel), ou d’augmenter la dose de souffrance dans le monde (l’activité préférée de la plupart…), il traque les moindres détails de la misère de l’homme dans un monde sans dieux. Pour qui sait regarder par-delà cette œuvre sans concession, elle est aussi une leçon de sagesse tragique en forme d’invitation à vivre de manière incandescente, -en attendant la mort…

Michel ONFRAY